Le mois d'août aura offert deux visages. D'un côté, des records historiques à Paris comme à New York. De l'autre, des taux longs qui se tendent et un crédit immobilier qui recommence à monter. Ces deux mouvements ne sont pas contradictoires : ils ont la même cause. Voici ce qu'ils changent, concrètement, pour votre patrimoine.
Huit hausses, puis huit baisses : le grand huit du CAC 40
Le 3 août, le CAC 40 a inscrit un nouveau record historique en séance à 8 642,32 points, effaçant son sommet de février. Puis l'indice a enchaîné huit séances de hausse consécutives entre le 29 juillet et le 10 août, soit +3,78 %. Et immédiatement après, huit séances de baisse d'affilée — une série qu'on n'avait plus vue depuis novembre 2017. Le 20 août, le CAC clôturait à 8 453,09 points.
Aux États-Unis, même scénario. Le S&P 500 a franchi pour la première fois de son histoire les 7 800 points à la mi-août, porté par une inflation américaine plus faible qu'attendu et par les valeurs technologiques. Avant de refluer, lui aussi, sous l'effet de la remontée des rendements obligataires.
CAC 40 — du 31 décembre 2025 au 20 août 2026
Cours de clôture. Soit environ +3,7 % depuis le 1er janvier 2026 (calcul Maïdo Patrimoine).
Ce que ça change pour vous : rien, si votre horizon est à cinq ou dix ans. Ces amplitudes de quelques pourcents en trois semaines sont du bruit. En revanche, elles rappellent une chose utile — les records ne protègent de rien. Un portefeuille bien construit se juge sur sa capacité à traverser ces séquences sans qu'on ait besoin d'y toucher.
La vraie histoire de l'été se joue sur les taux longs
Si les actions ont décroché à partir du 11 août, c'est à cause du marché obligataire. Aux États-Unis comme en France, les rendements des emprunts d'État se sont tendus. L'OAT 10 ans français évolue au-dessus de 3,89 % depuis le 13 juillet et a touché 4,037 % le 23 juillet — un niveau inédit depuis juin 2009, soit dix-sept ans.
Le mécanisme est simple. Quand la dette d'État sans risque rapporte 4 %, l'investisseur devient plus exigeant sur tout le reste : actions, immobilier, obligations d'entreprises. Les valorisations se réajustent mécaniquement à la baisse. C'est la loi de gravité des marchés.
S'ajoute un calendrier chargé. La BCE se réunit le 10 septembre, après avoir révisé ses prévisions d'inflation à la hausse pour 2026 et 2027. Une nouvelle hausse de ses taux directeurs n'est pas exclue. Pour être transparent : personne ne sait aujourd'hui si elle interviendra en septembre ou plus tard, mais le sens de la marche n'est plus à la détente.
Crédit immobilier : la parenthèse de stabilité se referme
Pendant six mois, les banques ont absorbé la hausse de leur coût de refinancement sans la répercuter. Ce n'est plus tout à fait le cas. D'après l'Observatoire Crédit Logement / CSA, le taux moyen des crédits immobiliers souscrits en juillet est remonté à 3,30 %, soit 4 points de base de plus qu'en juin et 22 points de base au-dessus du point bas de 2025.
Taux moyen des crédits immobiliers souscrits
Source : Observatoire Crédit Logement / CSA, données relayées le 12 août 2026. Hors assurance emprunteur.
Concrètement, sur un emprunt de 300 000 € sur 20 ans, 22 points de base représentent environ 33 € de mensualité supplémentaire et de l'ordre de 8 000 € d'intérêts en plus sur la durée totale du prêt (estimation Maïdo Patrimoine, hors assurance). Ce n'est pas un choc, mais c'est une érosion silencieuse de votre capacité d'emprunt.
Le scénario le plus probable pour l'automne reste celui de hausses mesurées, pas d'un décrochage : les banques ont besoin de produire du crédit et se battent toujours sur les bons profils. Si vous avez un projet en cours, cela plaide néanmoins pour boucler le financement plutôt que d'attendre. Le marché, lui, tient : 949 000 ventes de logements anciens sur douze mois à fin mai, en hausse de 5,7 % sur un an, pour des prix quasi stables (+0,2 % au premier trimestre).
PER après 70 ans : le changement fiscal passé sous les radars
Un point qu'on aborde peu et qui mérite pourtant votre attention. Depuis le 1er janvier 2026, l'article 9 de la loi de finances a supprimé la déductibilité des versements volontaires effectués sur un PER à partir de 70 ans. Le levier fiscal principal du produit disparaît donc à cet âge.
Ce que ça change : le PER reste utilisable après 70 ans, mais il perd l'essentiel de son intérêt pour un versement nouveau. En cas de sortie en capital, ces versements non déduits ne sont pas imposés à l'impôt sur le revenu, mais les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique. Les anciens PERP, eux, ne sont pas concernés par cette suppression.
Une contrepartie positive dans le même texte : le délai de rattrapage des plafonds de déduction non utilisés passe de trois à cinq ans. Si vous avez sous-utilisé vos plafonds ces dernières années, la fenêtre pour les récupérer est plus large. Pour beaucoup de dirigeants et de professions libérales, c'est là que se trouve le vrai gisement d'optimisation avant la fin d'année.
Ce qu'on retient
Un même facteur explique les trois sujets de cet article : le coût de l'argent long remonte. Il fait vaciller les records boursiers, il renchérit le crédit immobilier, et il rend le rendement de l'épargne sans risque encore moins compétitif face à l'inflation.
Les trois réflexes de rentrée sont donc simples. Ne pas réagir à la volatilité de court terme sur vos placements longs. Sécuriser maintenant un financement immobilier si votre projet est mûr. Et vérifier vos plafonds d'épargne retraite avant le 31 décembre, puisque la règle du jeu a changé cette année. Rien de spectaculaire — mais ce sont exactement les décisions qui se voient dans dix ans.
Vous vous demandez comment ces évolutions impactent votre stratégie ?
Un échange de 30 minutes suffit pour faire le point sur votre situation et identifier les ajustements à envisager.
Échanger avec un conseillerSources
Zonebourse — Le grand huit du CAC 40
Moneyvox — Le CAC 40 bat des records
Immobilier Danger — Taux de crédit immobilier en août 2026 (données Observatoire Crédit Logement / CSA)
CreditNews — Une remontée des taux dès la rentrée devient crédible
Notaires de France — Prix et tendances de l'immobilier
L'Argus de l'assurance — Loi de finances 2026 : les principales mesures
BOFiP — BOI-RSA-PENS-30-10-20